L’obéissance est souvent présentée comme une vertu immédiate, mais dans la pratique, elle est fréquemment repoussée. Nous ne disons pas toujours « non » à Dieu ; bien souvent, nous disons plutôt « plus tard ». Ce report, apparemment inoffensif, mérite pourtant une sérieuse réflexion.
Retarder l’obéissance, ce n’est pas nécessairement refuser la volonté de Dieu, mais c’est en ajourner l’accomplissement. Or, dans la perspective spirituelle, le temps fait partie intégrante de l’ordre divin. Quand Dieu parle, Il ne donne pas seulement une instruction, Il fixe aussi un moment. Obéir en dehors de ce moment, c’est parfois manquer le but même de l’obéissance.
L’obéissance retardée se justifie souvent par des raisonnements humains : attendre d’être prêt, d’avoir plus de moyens, plus de compréhension ou des conditions plus favorables. Pourtant, ces prétextes masquent souvent une peur, un attachement ou une résistance intérieure. Ainsi, le retard devient une forme subtile de désobéissance, car il place notre logique au-dessus de la voix reçue.
Spirituellement, le danger du report est qu’il endurcit progressivement la sensibilité de la conscience. Plus une instruction claire est différée, plus elle perd son urgence et son autorité dans le cœur. Ce qui demandait une réponse simple devient un sujet de débat intérieur, puis finit par être négligé.
Il est aussi important de noter que Dieu agit fréquemment dans l’immédiateté de la foi. L’obéissance ouvre la voie à l’action divine, tandis que l’hésitation prolonge l’attente. Retarder, c’est parfois retarder non seulement notre croissance, mais aussi les bénédictions, les délivrances ou les directions suivantes que Dieu souhaite accorder.
Ainsi, la véritable question n’est pas seulement si nous obéissons, mais quand nous obéissons. Une obéissance tardive peut conserver l’apparence de la soumission, tout en ayant perdu l’essence de la foi. La maturité spirituelle se reconnaît souvent à une réponse prompte, humble et confiante à la Parole reçue.
En définitive, l’obéissance authentique ne se négocie pas avec le temps. Elle répond à Dieu quand Il parle, sans attendre que toutes les conditions soient réunies, car elle sait que Celui qui ordonne est aussi Celui qui pourvoit.